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| Auteur : | Sujet: Les fables de la Fontaine | Bas |
| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
La cigale et la fourmi La cigale, ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau, Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. "Je vous paierai, lui dit elle, Avant l'Oût, foi d'animal, Intérêt et principal." La fourmi n'est âs prêteuse ; C'est là son moindre défaut. "Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. - Nuit et jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant" ![]() ![]() | |||
![]() Entre Crau et Camargue |
| chanteloube Messages postés : 58 Plume de Bronze ![]() |
La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf Une grenouille vit un boeuf Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf, Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille Pour égaler l'animal en grosseur, Disant : "Regardez bien, ma soeur ; Est-ce assez ? dîtes-moi ; n'y suis-je point encore ? - Nenni, - M'y voici donc . -Point du tout. - M'y voilà ? - Vous n'en approchez point." La chétive pécore S'enfla si bien qu'elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages. ![]() ![]() | |||
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| scoubidou Messages postés : 32 Plume de Bronze |
Sonnet au lecteur Jusqu'à présent, lorsque, suivant l'antique usage, Je te disais bonjour à la première page. Mon livre, cette fois, se fezrme moins gaiement; En vérité, ce siècle est un mauvais moment. Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge. Les rois, les dieux vaincus, le hazard triomphant, Rosalinde et Suzon qui me trouvent trop sage, Lamartine vieilli qui me traite en enfant. La politique, hélas ! voilà notre misère. Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire. Etre rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non. Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire. Si deux noms, par hazard, s'embrouillent sur ma lyre, Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon. A méditer dans le calme et la paix d'une belle nuit d'été............. | |||
| elle est pas belle la vie |
| megane Messages postés : 111 Plume de PRO ![]() |
Cette fois mon livre refermé; mon bonjour s'en est allé; ce n'est qu'un mauvais moment, cet instant passe avec le temps; Les plaisirs ne durent qu'un instant, Les malheurs sont parfois sévères; Mais les petits bonheurs éphémères, Prépare un avenir triomphant, La politique est l'essence de la vie, Les ennemis deviennent parfois nos amis; La misère est partout dans le monde, Les joies sont également dans ce monde; Le bonheur on le vit on le ressent, Le bonheur est en nous, dans notre coeur; | |||
La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...![]() |
| chanteloube Messages postés : 58 Plume de Bronze ![]() |
Deux mulets cheminaient :l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle. Celui-ci, glorieux d'une charge si belle, N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand, l'ennemi se présentant, Comme il en voulait à l'argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein et l'arrête. Le mulet en se défendant, Se sent percer de coups : il gémit, il soupire. "Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ? Ce mulet qui me suit du danger se retire, Et moi j'y tombe, et je péris. - Ami, lui dit son camarade, Il n'est toujours pas bon d'avoir un haut emploi : Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade." ![]() | |||
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| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
L'Amour et la Folie Tout est mystère dans l'Amour, Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance: Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour Que d'épuiser cette science. Je ne prétends donc point tout expliquer ici: Mon but est seulement de dire, à ma manière, Comment l'aveugle que voici (C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière; Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien J'en fais juge un amant, et ne décide rien. La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble: Celui-ci n'était pas encor privé des yeux. Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble Là-dessus le conseil des Dieux; L'autre n'eut pas la patience; Elle lui donne un coup si furieux, Qu'il en perd la clarté des cieux. Vénus en demande vengeance. Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris: Les Dieux en furent étourdis, Et Jupiter, et Némésis, Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande. Elle représenta l'énormité du cas; Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas: Nulle peine n'était pour ce crime assez grande: Le dommage devait être aussi réparé. Quand on eut bien considéré L'intérêt du public, celui de la partie, Le résultat enfin de la suprême cour Fut de condamner la Folie A servir de guide à l'Amour. Jean de La Fontaine ![]() | |||
![]() Entre Crau et Camargue |
| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
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![]() Entre Crau et Camargue |
| emetec Administrateur Messages postés : 435 |
Bravo c'est super. tu peux ouvrir le lien ci dessous: http://www.google.com/search?q=queytan+blog+ferm%C3%A9&sourceid= | |||
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| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
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![]() Entre Crau et Camargue |
| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
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![]() Entre Crau et Camargue |
| auzelles Messages postés : 104 Plume de PRO ![]() |
c'est cool... | ||||
![]() Entre Crau et Camargue |
| megane Messages postés : 111 Plume de PRO ![]() |
Discours à Monsieur Le Duc De La Rochefoucaud ![]() Je me suis souvent dit, voyant de quelle sorte L'Homme agit et qu'il se comporte En mille occasions comme les animaux : Le roi de ces gens-là n'a pas moins de défauts Que ses sujets, et la Nature A mis dans chaque créature Quelque grain d'une masse où puisent les esprits : J'attends les exprits corps, et pétris de matière. Je vais prouver ce que je dis. A l'heure de l'affût, soit lorsque la lumière Précipite ses traits dans l'humide séjour, Soit lorsque le soleil rentre dans sa carrière, Et que, n'étant plus nuit,il n'est pas encor jour, Au bord de quelque bois sur un arbre je grimpe, Et, nouveau Jupiter, du haut de cet Olympe, Je foudroie, à discrétion, Un lapin qui n'y pensait guère. Je vois fuir aussitôt toute la nation Des lapins qui, sur la bruyère, L'oeil éveillé, l'oreille au guet, S'égayaient, et de thym parfumaient leur banquet. Le bruit du coup fait que la bande S'en va chercher sa sûreté Dans la souterraine cité ; Mais le danger s'oublie, et cette peur si grande S'évanouit bientôt. Je revois les lapins Plus gais qu'auparavant revenir sous mes mains. Ne reconnaît-on pas en cela les humains ? Dispersés par quelque orage, A peine ils touchent le port Qu'ils vont hasarder encor Même vent, même naufrage. Vrais lapins, on les revoit Sous les mains de la Fortune. Joignons à cet exemple une chose commune; Quand les chiens étrangers passent par quelque endroit Qu'il n'est pas de leur détroit, Je laisse à penser quel fête. Les chiens du lieu n'ayant en tête Qu'un intérêt de gueule, à cris, à coups de dents, Vous accompagnent ces passants Jusqu'aux confins du territoire. Un intérêt de biens, de grandeur, et de gloire, Aux gouverneurs d'Etats, à certains courtisans, A gens de tous métiers en fait tout autant faire. On nous voit tous, pour l'ordinaire, Piller le survenant, nous jeter sur sa peau. La coquette et l'auteur sont de caractère : Malheur à l'écrivain nouveau ! Le moins de gens qu'on peut à l'entour du gâteau, C'est le droit du jeu, c'est l'affaire. Cent exemples pourraient appuyer mon discours. Mais les ouvrages les plus courts Sont les meilleurs. En cela j'ai pour guides Tous les maître de l'art, et tiens qu'il faut laisser Dans les plus beaux sujets quelque chose à penser : Ainsi ce discours doit cesser. Vous qui m'avez donné ce qu'il a de solide, Et dont la modestie égale la grandeur, Qui ne pûtes jamais écouté sans pudeur La louange la plus permise, La plus juste et la mieux acquise, Vous enfin dont à peine ai-je encor obtenu Que votre nom ici reçût quelques hommages, Comme un nom qui, des ans et des peuples connu, Fait honneur à la France, en grands noms plus féconde Qu'aucun climat de l'univers, Permettez-moi du moins d'apprendre à tout le monde Que vous m'avez donné le sujet de ces vers. Jean De La Fontaine --Message edité par megane le 2006-08-25 18:12:39-- | |||
La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...![]() |
| megane Messages postés : 111 Plume de PRO ![]() |
Le Rat de ville et le Rat des champs Autrefois le Rat de ville Invita le Rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'Ortolans. Sur un Tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis. Le régal fut fort honnête, Rien ne manquait au festin ; Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train. A la porte de la salle Ils entendirent du bruit : Le Rat de ville détale ; Son camarade le suit. Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire : Achevons tout notre rôt. - C'est assez, dit le rustique ; Demain vous viendrez chez moi : Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de Roi ; Mais rien ne vient m'interrompre : Je mange tout à loisir. Adieu donc ; fi du plaisir Que la crainte peut corrompre. ![]() | |||
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| Nabuchodonosor Messages postés : 10 Pas si Timide |
c'est amusant je passe le bac de Francais à la fin de l'année, et dans les oeuvres intégralles que je dois lire, figurent les fables de la fontaine. Quel chez d'oeuvre littéraire, quelle incarnation de la rebellion et quel travail d'écrivain engagé... |
| chanteloube Messages postés : 58 Plume de Bronze ![]() |
on te fait réviser en jouant... on va les continuer les fables de la fontaine | |||
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| megane Messages postés : 111 Plume de PRO ![]() |
L'Hirondelle et les petits Oiseaux Une Hirondelle en ses voyages Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu. Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages, Et devant qu'ils fussent éclos, Les annonçait aux Matelots. Il arriva qu'au temps que le chanvre se sème, Elle vit un manant en couvrir maints sillons. "Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons : Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême, Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ? Un jour viendra, qui n'est pas loin, Que ce qu'elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins à vous envelopper, Et lacets pour vous attraper, Enfin mainte et mainte machine Qui causera dans la saison Votre mort ou votre prison : Gare la cage ou le chaudron ! C'est pourquoi, leur dit l'Hirondelle, Mangez ce grain; et croyez-moi. " Les Oiseaux se moquèrent d'elle : Ils trouvaient aux champs trop de quoi. Quand la chènevière fut verte, L'Hirondelle leur dit : "Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain, Ou soyez sûrs de votre perte. - Prophète de malheur, babillarde, dit-on, Le bel emploi que tu nous donnes ! Il nous faudrait mille personnes Pour éplucher tout ce canton. " La chanvre étant tout à fait crue, L'Hirondelle ajouta : "Ceci ne va pas bien; Mauvaise graine est tôt venue. Mais puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien, Dès que vous verrez que la terre Sera couverte, et qu'à leurs blés Les gens n'étant plus occupés Feront aux oisillons la guerre ; Quand reginglettes et réseaux Attraperont petits Oiseaux, Ne volez plus de place en place, Demeurez au logis, ou changez de climat : Imitez le Canard, la Grue, et la Bécasse. Mais vous n'êtes pas en état De passer, comme nous, les déserts et les ondes, Ni d'aller chercher d'autres mondes ; C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr : C'est de vous renfermer aux trous de quelque mur. " Les Oisillons, las de l'entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement. Il en prit aux uns comme aux autres : Maint oisillon se vit esclave retenu. Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres, Et ne croyons le mal que quand il est venu. Jean de La Fontaine --Message edité par megane le 2006-09-13 07:26:57-- | |||
La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...![]() |
| chanteloube Messages postés : 58 Plume de Bronze ![]() |
En livre de chevet je viens de reprendre ce bouquin un vrai régal, une leçon de choses et de morale, on devrait s'y repencher plus souvent : ![]() | |||
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