FORUM, Forum Discussion, Forum Gratuit, Nom de domaine, Nom de domaine gratuit, Redirection gratuite,

Forum TRIBUNE LITTERAIRE LIBRE Administrateurs :emetec
Forum TRIBUNE LITTERAIRE LIBRE
Non connecté | Se connecter
en ligne : 2 inconnus visitent le forum
Inscription Inscription | Profil Profil | Messages Privés Messages Privés | Recherche Recherche | Online Online | Aide Aide | Créer un blog gratuit

forum Index du forum forumSources d'inspiration forumLes fables de la Fontaine

Auteur : Sujet: Les fables de la Fontaine  Bas
 megane
 Messages postés : 111
 Plume de PRO
 megane
  Posté le 12/07/2006 23:12:15
Send a private message to megane
Le corbeau et le renard


Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et, bonjour monsieur du corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.
A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
Le corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...
http://img87.imageshack.us/img87/7194/camargaisezu6.jpg
 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 19/07/2006 12:25:14
Send a private message to auzelles
La cigale et la fourmi

La cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau,
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal."
La fourmi n'est âs prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
"Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant"

http://img212.imageshack.us/img212/5436/image001em7.jpghttp://img212.imageshack.us/img212/8453/fourmixg3.jpg

http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 chanteloube
 Messages postés : 58
 Plume de Bronze
 chanteloube
  Posté le 21/07/2006 13:59:46
Send a private message to chanteloube
La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dîtes-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni, - M'y voici donc . -Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point." La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

http://img147.imageshack.us/img147/340/boeufugovc5.jpg
http://img91.imageshack.us/img91/5829/grenoupz8.gif



http://img460.imageshack.us/img460/9005/exemple006ds2.jpg
 scoubidou
 Messages postés : 32
 Plume de Bronze
 scoubidou
  Posté le 23/07/2006 15:49:32
Send a private message to scoubidou
Sonnet au lecteur

Jusqu'à présent, lorsque, suivant l'antique usage,
Je te disais bonjour à la première page.
Mon livre, cette fois, se fezrme moins gaiement;
En vérité, ce siècle est un mauvais moment.

Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge.
Les rois, les dieux vaincus, le hazard triomphant,
Rosalinde et Suzon qui me trouvent trop sage,
Lamartine vieilli qui me traite en enfant.

La politique, hélas ! voilà notre misère.
Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire.
Etre rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non.

Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire.
Si deux noms, par hazard, s'embrouillent sur ma lyre,
Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.


A méditer dans le calme et la paix d'une belle nuit d'été.............

elle est pas belle la vie


 megane
 Messages postés : 111
 Plume de PRO
 megane
  Posté le 23/07/2006 16:58:56
Send a private message to megane
Cette fois mon livre refermé;
mon bonjour s'en est allé;
ce n'est qu'un mauvais moment,
cet instant passe avec le temps;

Les plaisirs ne durent qu'un instant,
Les malheurs sont parfois sévères;
Mais les petits bonheurs éphémères,
Prépare un avenir triomphant,

La politique est l'essence de la vie,
Les ennemis deviennent parfois nos amis;
La misère est partout dans le monde,
Les joies sont également dans ce monde;

Le bonheur on le vit on le ressent,
Le bonheur est en nous, dans notre coeur;


La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...
http://img87.imageshack.us/img87/7194/camargaisezu6.jpg
 chanteloube
 Messages postés : 58
 Plume de Bronze
 chanteloube
  Posté le 21/08/2006 22:59:15
Send a private message to chanteloube
Deux mulets cheminaient :l'un d'avoine chargé,
L'autre portant l'argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d'une charge si belle,
N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d'un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand, l'ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l'argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l'arrête.
Le mulet en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
"Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ?
Ce mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j'y tombe, et je péris.
- Ami, lui dit son camarade,
Il n'est toujours pas bon d'avoir un haut emploi :
Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade."

http://img227.imageshack.us/img227/4933/muletth4.jpg




http://img460.imageshack.us/img460/9005/exemple006ds2.jpg
 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 23/08/2006 07:31:02
Send a private message to auzelles
L'Amour et la Folie  

Tout est mystère dans l'Amour,
Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance:
Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour
Que d'épuiser cette science.
Je ne prétends donc point tout expliquer ici:
Mon but est seulement de dire, à ma manière,
Comment l'aveugle que voici
(C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière;
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien
J'en fais juge un amant, et ne décide rien.


La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble:
Celui-ci n'était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble
Là-dessus le conseil des Dieux;
L'autre n'eut pas la patience;
Elle lui donne un coup si furieux,
Qu'il en perd la clarté des cieux.

Vénus en demande vengeance.
Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris:
Les Dieux en furent étourdis,
Et Jupiter, et Némésis,
Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande.
Elle représenta l'énormité du cas;
Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas:
Nulle peine n'était pour ce crime assez grande:
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eut bien considéré
L'intérêt du public, celui de la partie,
Le résultat enfin de la suprême cour
Fut de condamner la Folie
A servir de guide à l'Amour.


Jean de La Fontaine


http://img182.imageshack.us/img182/1417/cupidonbk9.gif

http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 23/08/2006 21:54:22
Send a private message to auzelles

Citation :

latortue  a dit :

http://www.zonegifs.com/gifs/animaux/insectes/1.gif

LES FRELONS ET LES MOUCHES À MIEL.

A l'œuvre on connaît l'artisan.

Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent :
Des frelons les réclamèrent ;
Des abeilles s'opposant,
Devant certaine guêpe on traduisit la cause.
Il était malaisé de décider la chose :
Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons
Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs,
De couleur fort tannée, et tels que les abeilles,
Avaient longtemps paru. Mais quoi ? dans les frelons
Ces enseignes étaient pareilles.
La guêpe, ne sachant que dire à ces raisons,
Fit enquête nouvelle, et pour plus de lumière,
Entendit une fourmilière
Le point n'en put être éclairci.
" De grâce, à quoi bon tout ceci ?
Dit une abeille fort prudente.
Depuis tantôt six mois que la cause est pendante,
Nous voici comme aux premiers jours.
Pendant cela le miel se gâte.
Il est temps désormais que le juge se hâte :
N'a-t-il point assez léché l'ours ?
Sans tant de contredits, et d'interlocutoires,
Et de fatras, et de grimoires,
Travaillons, les frelons et nous :
On verra qui sait faire, avec un suc si doux,
Des cellules si bien bâties. "
Le refus des frelons fit voir
Que cet art passait leur savoir ;
Et la guêpe adjugea le miel à leurs parties.

Plût à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès :
Que de Turcs en cela l'on suivît la méthode !
Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code :
Il ne faudrait point tant de frais ;
Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge,
On nous mine par des longueurs ;
On fait tant, à la fin, que l'huître est pour le juge,
Les écailles pour les plaideurs





http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 emetec
 Administrateur
 Messages postés : 435
 emetec
  Posté le 23/08/2006 22:25:57
Send a private message to emetec
Bravo c'est super.
tu peux ouvrir le lien ci dessous:
http://www.google.com/search?q=queytan+blog+ferm%C3%A9&sourceid=

http://www.wmaker.net/editoweb
http://www.editoweb.fr;              
http://www.editoblog.eu
http://www.editoblog.fr  
http://editoblog.astusrank.com
http://blogma.wmaker.net/editoweb
 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 24/08/2006 12:15:00
Send a private message to auzelles

Citation :


http://www.zonegifs.com/gifs/animaux/chats/20.gif

LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE
EN FEMME.

Un homme chérissait éperdument sa chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait d'un ton fort doux :
Il était plus fou que les fous.
Cet homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes,
Fait tant qu'il obtient du destin
Que sa chatte, en un beau matin,
Devient femme ; et le matin même,
Maître sot en fait sa moitié.
Le voilà fou d'amour extrême,
De fou qu'il était d'amitié.
Jamais la dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari.
Il l'amadoue ; elle le flatte :
Il n'y trouve plus rien de chatte ;
Et, poussant l'erreur jusqu'au bout,
La croit femme en tout et partout :
Un soir quelques souris qui rongeaient de la natte
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la femme est sur pieds.
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir femme d'être en posture :
Pour cette fois elle accourut à point ;
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce,
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain âge accompli.
Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer :
Quelque chose qu'on puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni d'étrivières
Ne lui font changer de manières ;
Et fussiez-vous embâtonnés,
Jamais vous n'en serez les maîtres.
Qu'on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.




http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 24/08/2006 12:15:21
Send a private message to auzelles

Citation :

emetec  a dit :

Bravo c'est super.
tu peux ouvrir le lien ci dessous:
http://www.google.com/search?q=queytan+blog+ferm%C3%A9&sourceid=




http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 auzelles
 Messages postés : 104
 Plume de PRO
 auzelles
  Posté le 24/08/2006 15:35:22
Send a private message to auzelles

Citation :

latortue  a dit :

http://img201.imageshack.us/img201/1285/4ffmc4r9lv3gk6.gif

Le villageois et le serpent  
 
Ésope conte qu'un Manant,
Charitable autant que peu sage,
Un jour d'Hiver se promenant
A l'entour de son héritage,
Aperçut un Serpent sur la neige étendu,
Transi, gelé, perclus, immobile rendu,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
Le Villageois le prend, l'emporte en sa demeure,
Et sans considérer quel sera le loyer
D'une action de ce mérite,
Il l'étend le long du foyer,
Le réchauffe, le ressuscite.
L'Animal engourdi sent à peine le chaud,
Que l'âme lui revient avecque la colère.
Il lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt,
Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut
Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père.
Ingrat, dit le Manant, voilà donc mon salaire ?
Tu mourras. A ces mots, plein de juste courroux,
Il vous prend sa cognée, il vous tranche la Bête,
Il fait trois Serpents de deux coups,
Un tronçon, la queue, et la tête.
L'insecte sautillant cherche à se réunir,
Mais il ne put y parvenir.

Il est bon d'être charitable ;
Mais envers qui ? c'est là le point.
Quant aux ingrats, il n'en est point
Qui ne meure enfin misérable.




c'est cool...

http://img113.imageshack.us/img113/1497/468x60lafranceji2.jpg
Entre Crau et Camargue



 megane
 Messages postés : 111
 Plume de PRO
 megane
  Posté le 25/08/2006 18:08:14
Send a private message to megane
Discours à Monsieur Le Duc De La Rochefoucaudhttp://img178.imageshack.us/img178/4459/lapinouvm3.gif

Je me suis souvent dit, voyant de quelle sorte
L'Homme agit et qu'il se comporte
En mille occasions comme les animaux :
Le roi de ces gens-là n'a pas moins de défauts
Que ses sujets, et la Nature
A mis dans chaque créature
Quelque grain d'une masse où puisent les esprits :
J'attends les exprits corps, et pétris de matière.
Je vais prouver ce que je dis.

A l'heure de l'affût, soit lorsque la lumière
Précipite ses traits dans l'humide séjour,
Soit lorsque le soleil rentre dans sa carrière,
Et que, n'étant plus nuit,il n'est pas encor jour,
Au bord de quelque bois sur un arbre je grimpe,
Et, nouveau Jupiter, du haut de cet Olympe,
Je foudroie, à discrétion,
Un lapin qui n'y pensait guère.
Je vois fuir aussitôt toute la nation
Des lapins qui, sur la bruyère,
L'oeil éveillé, l'oreille au guet,
S'égayaient, et de thym parfumaient leur banquet.

Le bruit du coup fait que la bande
S'en va chercher sa sûreté
Dans la souterraine cité ;
Mais le danger s'oublie, et cette peur si grande

S'évanouit bientôt. Je revois les lapins
Plus gais qu'auparavant revenir sous mes mains.

Ne reconnaît-on pas en cela les humains ?
Dispersés par quelque orage,
A peine ils touchent le port
Qu'ils vont hasarder encor
Même vent, même naufrage.
Vrais lapins, on les revoit
Sous les mains de la Fortune.
Joignons à cet exemple une chose commune;
Quand les chiens étrangers passent par quelque endroit
Qu'il n'est pas de leur détroit,
Je laisse à penser quel fête.
Les chiens du lieu n'ayant en tête
Qu'un intérêt de gueule, à cris, à coups de dents,
Vous accompagnent ces passants
Jusqu'aux confins du territoire.
Un intérêt de biens, de grandeur, et de gloire,
Aux gouverneurs d'Etats, à certains courtisans,
A gens de tous métiers en fait tout autant faire.
On nous voit tous, pour l'ordinaire,
Piller le survenant, nous jeter sur sa peau.
La coquette et l'auteur sont de caractère :
Malheur à l'écrivain nouveau !
Le moins de gens qu'on peut à l'entour du gâteau,
C'est le droit du jeu, c'est l'affaire.
Cent exemples pourraient appuyer mon discours.
Mais les ouvrages les plus courts
Sont les meilleurs. En cela j'ai pour guides
Tous les maître de l'art, et tiens qu'il faut laisser
Dans les plus beaux sujets quelque chose à penser :
Ainsi ce discours doit cesser.
Vous qui m'avez donné ce qu'il a de solide,
Et dont la modestie égale la grandeur,
Qui ne pûtes jamais écouté sans pudeur
La louange la plus permise,
La plus juste et la mieux acquise,
Vous enfin dont à peine ai-je encor obtenu
Que votre nom ici reçût quelques hommages,
Comme un nom qui, des ans et des peuples connu,
Fait honneur à la France, en grands noms plus féconde
Qu'aucun climat de l'univers,
Permettez-moi du moins d'apprendre à tout le monde
Que vous m'avez donné le sujet de ces vers.

Jean De La Fontaine

--Message edité par megane le 2006-08-25 18:12:39--

La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...
http://img87.imageshack.us/img87/7194/camargaisezu6.jpg
 megane
 Messages postés : 111
 Plume de PRO
 megane
  Posté le 27/08/2006 10:00:43
Send a private message to megane
Le Rat de ville et le Rat des champs
Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans.
Sur un Tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le Rat de ville détale ;
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.
- C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi :
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc ; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre.
http://img138.imageshack.us/img138/6250/ratpf1.jpg

La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...
http://img87.imageshack.us/img87/7194/camargaisezu6.jpg
 Nabuchodonosor
 Messages postés : 10
 Pas si Timide
 Nabuchodonosor
  Posté le 10/09/2006 21:03:38
Send a private message to Nabuchodonosor
c'est amusant je passe le bac de Francais à la fin de l'année, et dans les oeuvres intégralles que je dois lire, figurent les fables de la fontaine. Quel chez d'oeuvre littéraire, quelle incarnation de la rebellion et quel travail d'écrivain engagé...

 chanteloube
 Messages postés : 58
 Plume de Bronze
 chanteloube
  Posté le 10/09/2006 22:03:10
Send a private message to chanteloube
on te fait réviser en jouant... on va les continuer les fables de la fontaine  


http://img460.imageshack.us/img460/9005/exemple006ds2.jpg
 megane
 Messages postés : 111
 Plume de PRO
 megane
  Posté le 13/09/2006 07:18:13
Send a private message to megane
L'Hirondelle et les petits Oiseaux

Une Hirondelle en ses voyages
Avait beaucoup appris.
Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,
Et devant qu'ils fussent éclos,
Les annonçait aux Matelots.
Il arriva qu'au temps que le chanvre se sème,
Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
"Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons :
Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême,
Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin.
Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ?
Un jour viendra, qui n'est pas loin,
Que ce qu'elle répand sera votre ruine.
De là naîtront engins à vous envelopper,
Et lacets pour vous attraper,
Enfin mainte et mainte machine
Qui causera dans la saison
Votre mort ou votre prison :
Gare la cage ou le chaudron !
C'est pourquoi, leur dit l'Hirondelle,
Mangez ce grain; et croyez-moi. "
Les Oiseaux se moquèrent d'elle :
Ils trouvaient aux champs trop de quoi.
Quand la chènevière fut verte,
L'Hirondelle leur dit : "Arrachez brin à brin
Ce qu'a produit ce maudit grain,
Ou soyez sûrs de votre perte.
- Prophète de malheur, babillarde, dit-on,
Le bel emploi que tu nous donnes !
Il nous faudrait mille personnes
Pour éplucher tout ce canton. "
La chanvre étant tout à fait crue,
L'Hirondelle ajouta : "Ceci ne va pas bien;
Mauvaise graine est tôt venue.
Mais puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien,
Dès que vous verrez que la terre
Sera couverte, et qu'à leurs blés
Les gens n'étant plus occupés
Feront aux oisillons la guerre ;
Quand reginglettes et réseaux
Attraperont petits Oiseaux,
Ne volez plus de place en place,
Demeurez au logis, ou changez de climat :
Imitez le Canard, la Grue, et la Bécasse.
Mais vous n'êtes pas en état
De passer, comme nous, les déserts et les ondes,
Ni d'aller chercher d'autres mondes ;
C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr :
C'est de vous renfermer aux trous de quelque mur. "
Les Oisillons, las de l'entendre,
Se mirent à jaser aussi confusément
Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre
Ouvrait la bouche seulement.
Il en prit aux uns comme aux autres :
Maint oisillon se vit esclave retenu.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.


Jean de La Fontaine

http://img81.imageshack.us/img81/6103/dessinhirondellewu2.jpg

--Message edité par megane le 2006-09-13 07:26:57--

La vie est un long fleuve tranquille...mais parfois tumultueux...
http://img87.imageshack.us/img87/7194/camargaisezu6.jpg
 chanteloube
 Messages postés : 58
 Plume de Bronze
 chanteloube
  Posté le 14/09/2006 11:33:08
Send a private message to chanteloube
En livre de chevet je viens de reprendre ce bouquin un vrai régal, une leçon de choses et de morale, on devrait s'y repencher plus souvent :

http://img99.imageshack.us/img99/5496/cdfablesijj0.jpg


http://img460.imageshack.us/img460/9005/exemple006ds2.jpg

forum Index du forum forumSources d'inspiration forumLes fables de la Fontaine
Haut
Aller à :
  Ajouter une réponse rapide

Ajouter une réponse rapide